mardi 2 juin 2026

F –Fonction Sentiment du MBTI

Fonction Sentiment MBTI

 Voici la fonction Sentiment du MBTI, lettre F pour feeling. Une des plus simples à comprendre dès lors qu'on saisit le fonctionnement du type. Une fois de plus, le MBTI permet de faire le lien entre le pragmatisme de l'école américaine du Distracteur et la philosophie jungienne de la même fonction.

Un cœur gros comme ça

Type Sentiment du MBTI :
Le Sentiment est un processus pour évaluer « ce qui est important » ; Valeurs personnelles ou universelles en « poteaux indicateurs ». Le Sentiment dit si les choses sont agréables ou pas ; si on adhère ou si on rejette (Accord/Désaccord). Fonction affective, instinctive et sélective. Situations et renseignements sont évalués subjectivement ; le Jugement considère les goûts, pèse les enjeux éthiques et moraux selon les buts personnels et les relations. Le Sentimental est sensible, empathique, et recherche l'harmonie avant tout. Compréhensif, à l'écoute, il manque cependant de rigueur logique et fait des excès de considérations personnelles. Peu de prise de recul. Savoir lui montrer qu'on apprécie sa « chaleur » et capacité à exprimer ses émotions, à aider les autres à se sentir à l'aise. Ne pas être ironique et illogique avec lui (pas de second degré...). Aime avoir des « conversations personnelles » si désaccord mais éviter de lui demander conseil et de le rendre sensible par rapport à ses soucis. Doit apprendre à mieux négocier, à définir des limites, à arrêter de « faire » pour mieux se relaxer... 
Le Sentiment est un Type Jugement, rationnel avec le Pensée, qui aime vivre dans un environnement structuré, ordonné et prévisible. Il est organisé et formel mais peut être maniaque voire rigide. Il jette les choses trop vite avec parfois un sens exagéré de sa mission. Respecter son besoin d'emploi du temps, planning (mais ceci n'est pas la stratégie d'efficacité du Tertium). Le Type sentimental ne doit pas être résumé qu'au sens commun amical/amoureux ; il s'agit bien d'une fonction de Jugement des Valeurs du monde.
- Le Sentiment extraverti a conscience du bon ou mauvais déroulé d'une situation. Il cherche l'harmonie entre les personnes. Les valeurs relationnelles et culturelles sont importantes. Il communique, tient compte des autres et organise des groupes avec des règles et une organisation. Satisfait si les choses sont acceptables pour les autres.
- Le Sentiment introverti a conscience de son adhésion à ce qu'il ressent. Il a plus de mal à expliquer ses valeurs mais évalue pour harmoniser au mieux les choses selon ses vérités.

Correspondances :
Le Type Sentiment extraverti  ESFJ  au N°6
Le Type Sentiment extraverti   ENFJ au N°10
Le Type Sentiment introverti   INFP au N°11
Le Type Sentiment introverti  ISFP au N°6

Sacré Jean-Pierre

Compléments d'enquêtes :
- Le MBTI nous permet d'y voir un peu plus clair si l'on précise bien les notions de cette « évaluation des Valeurs ». L'allusion au Poteau indicateur est pertinente car c'est un des symboles de notre N°11, volatil à la croisée des chemins s'il en est... Mais ici, tout est à nuancer ; le Sentiment feint de s'intéresser à l'Information, au Jugement/ évaluation rationnel, à des plannings prévisionnels... or il n'en est rien. Bien comprendre cette manie faussement rationnelle dont les Valeurs ne sont pas tant harmoniques que pétries de ses croyances et présupposés... Son grand art de vivre reste la dispute sociale, le caprice, la tension, le zèle... Le Coach américain pourrait t'en parler des heures. Il y a là un double-secret de la Tradition où une Balance peut en cacher une autre... Le vrai peser du pour et du contre, rationnel, c'est pour le Sensation ou – mieux – l'Orientation Extraversion conformiste (dont seul l'aérien 11 fait partie). L'évaluation du Sentiment est plus dans la nuance colorée d'une même valeur, choix du même, ni-ni, d'accord ou très en accord... Pas d'accord ou très en désaccord... De quoi le rendre dingue... 
- Notons que c'est bien lui qui finit par valider (plus que décider) le choix d'être en Accord ou en Désaccord mais ceux-ci relèvent ensuite idéalement des fonctions majeure et mineure pour ne pas dire Sensation et Intuition/ Blâmeur... 
- Les correspondances valident sans surprise les corrélations avec le N°6 – archétype du Sentiment – et le N°11. Curieusement, une description va au 10 mais nous savons qu'outre la Sensation, ce Tempérament Pensée est finalement pluripartite. Type Pensée qui se morfond dans le Sentiment jusqu'à éprouver des Sensations voire des Intuitions... Nos types Sentiments/ Sanguins/ Air de la Base 12 sont bien les N° 4, 6, 11. Notons que le MBTI ignore complètement cette réalité Sentiment pour le N°4.   



 

Points de vue d'après le MBTI

Points de vue MBTI

 Plutôt que d'alourdir l'article sur le MBTI – dont le complément d'enquête est déjà assez développé – je te propose de retrouver ici les corollaires du truc. Qu'est-ce qui est pertinent avec le MBTI ? Qu'est-ce qui ne colle pas et adaptations à apporter ? 

La voie du serpent
- La Fonction dominante est bien la base de l'Individu, développée depuis sa petite enfance. C'est à elle que le « Type junguien » se rapporte. Cette identification retarde la maturation des autres fonctions (rappelons que, pour Jung, cette fonction est aussi porteuse du Moi).
- La Fonction auxiliaire soutient la dominante. 
- La Fonction tertiaire soutient l'inférieure mais, en cas de stress/inconfort, l'Individu peut la « sauter » pour recourir directement à l'inférieure...    
- La Fonction inférieure – Archétype du Fripon/Ça – ne se développerait qu'à mi-vie vers 40-50 ans. Elle a une grande sensibilité pour l'inférieur (le cracra) et reste très susceptible... Elle serait la voie royale de l'inconscient créatif. 

Compléments d'Enquête :
- Comment expliquer qu'en cas d'inconfort/ stress, l'Individu ne recourt pas à sa Fonction dominante dont il a pourtant la préférence ? Nous avons vu que Virginia Satir utilise le même procédé pour déceler la catégorie principale de ses Patients. Disons que c'est bien la dominante qui représente notre Tempérament basique, notre élément, dont la préférence sensorielle se manifeste bien en cas de risque. Mais, tôt ou tard, ce sur-rôle laissera aussi inévitablement la place à la Fonction inférieure susceptible, à la réaction du Ça qui – pour nous – vaut alors pour l'Ego/ Ombre...
- Le développement de l'inférieure à mi-vie peut être en rapport avec ce côté Ego assumé. L'Individu a plus ou moins appris à porter cet Ascendant, cette Persona, ce Masque social de « ce qu'il croit être »...
Encore faut-il savoir distinguer cette Illusion de ce que les autres perçoivent vraiment... On a là une belle idée de distinction entre Ego & Ombre justement, aspects contraires de la même Planète, doublon inhérent à toute typologie finale de la base 12. La mi-vie fut longtemps aussi considérée comme l'âge de l'Initiation (aujourd'hui largement plus précoce) qui préfère toujours qu'un Adepte puisse jouer « en conscience » avec son Ombre plutôt qu'il soit en réaction automatique... Attention, ici les termes junguiens rationnel/ irrationnel n'aident pas... Nous verrons que le Sentiment du Jugement ne se rapporte guère au rationnel et qu'un type P irrationnel peut être un redoutable Tertium attentif...   
- Oublions l'orientation Extra/Intro à adapter à chaque fonction... L'individu n'a qu'une orientation parmi trois possibles ; Extraversion, Introversion, Tertium... Nous les développerons sur un blog base 3. Disons juste que – sur cette croix « fixe » des fonctions –, l'Extraversion est conforme au « Moi social » freudien, place de la fonction auxiliaire secondaire, et l'Introversion au « Moi intime » (idéal du Moi...) ou fonction tertiaire... De fait, je développerai pour toi une base 4 avec les termes Ça, Moi, Surmoi... pour commencer à y voir plus clair. Savoir que, selon les auteurs, le Moi désignera le Tempérament basique – comme chez Jung – alors que pour d'autres il est déjà une construction sociale qui correspond d'avantage à nos orientations/ fonctions auxiliaires. Là aussi, ce doublon horizontal est à signaler. Idem, mieux vaut séparer le terme Ego (Je actif)  du Moi permanent. 
- Il semble qu'à défaut de Voie royale – via l'inférieure... – ce soit bien la fonction tertiaire la véritable Fonction transcendante d'un Individu. Véritable idéal du Moi, cette fonction créative – Anima pour un Homme – est effectivement ici vite sautée... Cela explique peut-être pourquoi Virginia Satir l'ignore (ou prend sa place) dans son triangle familial ? En outre, sortant de la Voie du serpent, on retombe ainsi sur la rotation de la roue avec des sens qui divergent... Vaste sujet à développer dont tu trouveras un petit schéma ci-après. 
- Quand nous étudierons Pavlov en base 3, nous pourrons avancer l'hypothèse d'une Voie du serpent socialement inversée par habitus... Face à nous, l'Ego/ Fonction inférieure de l'Individu à qui on a enseigné d'avoir d'abord recourt à la Fonction auxiliaire secondaire alors que ce devrait être la tertiaire. Nous savons en effet que celle là est bien la secondaire de la Fonction principale, base du Tempérament, pas de l'inférieure... Ce fait est important car cela signifierait qu'un malaise social contre-nature soit ici peut-être entretenu. La compréhension de cette réalité ne relèverait pas tant d'une « rectification » initiatique, physiquement toujours impressionnante, que de la simple compréhension de ce tabou entretenu.
- Fort heureusement, le Coach américain peut nous éclairer, notamment dans son jeu subtil de « travail avec la secondaire » pour mieux balancer/ accéder à la tertiaire. Nous distinguons ici les deux orientations Extra/ Intro idéalement représentées par la Pensée/T et le Sentiment/F ; l'Extra/ secondaire est plus dans le peser du pour et du contre, l' Intro/ tertiaire dans l'accord/ désaccord qui en découle (voir Jugement ci-après). 
- Si le MBTI fait de la Fonction dominante un vieux sage à imiter, il ignore de fait la figure du Tertium. Sa Fonction Sensation – qui représente idéalement la dominante – se rapporte bien au Suppliant de Satir, base sensorielle pour le moins terrestre... Certes ce paradoxe peut s'expliquer par notre Typologie N°12 mais nous en sommes ici encore loin... Comme chez Jung, le Tertium n'est pas donné car il représente implicitement le Thérapeute... Par contre l'Individu peut bien être victime de son Ego/ Ombre... Les seuls éléments de Langage peuvent effectivement zapper la fonction tertiaire pour mieux faire chuter un Sujet mais nous entrons là dans le grand domaine des ombres sociales et institutionnelles taboues.   

Le secret révélé

Pour conclure, précisons les excellentes observations du MBTI aptes à fabriquer de premiers Tests :
- Le type général Perception/P (axe Sensation/S et Intution/N) est dit irrationnel au sens junguien non-contestable... Il « perçoit ». Désordonné, il remet à plus tard... Le loisir, c'est maintenant... 
- Le type général Jugement/J (axe Pensée/T et Sentiment/F) est dit rationnel... Si ce dernier terme est valable pour la Pensée, nous préférons l'adjectif évaluatif pour désigner le Sentiment davantage basé sur des habitudes, généralisations et croyances. Il « juge ». Ordonné, il prépare/ réserve à l'avance. Le loisir, c'est après. 

Croix des fonctions

Les 4 Questions à se poser face à un Individu :
- Où l'Énergie est-elle puisée ? Extraversion ou Introversion ? Rappelons que l'Extra est du domaine du Moi social – conforme aux autres/ collectif – et l'intro au Moi intime, n'a pas peur d'affirmer sa différence. De fait une 3e orientation existe – Tertium – dont nous pouvons dire qu'elle est de l'ordre du Plan (qui n'est donc pas un attribut du Jugement), stratégie programmée et action en cours. 
- Comment le Sujet agit-il ? Perception/P ou Jugement/J ? (ci-dessus). 
- Si Perception : S ou N ?  S ne focalise pas tant les détails qu'il perçoit « de près » voire « en bas » avec une une préférence pour le flair et le toucher... Si N, focalisation visuelle sur l'ensemble, de loin (puis blâme sur le détail qui cloche...). 
- Si Jugement : T ou F ? La Décision est du domaine du Tertium, acte de finalité. Mieux vaut ici se baser sur la référence à l'évaluation ; T selon l'avis des autres – citations & empilements dirait le Coach américain – et F selon ses habitudes, généralisation et croyances personnelles ;  j'aime/ j'aime pas...