dimanche 10 mai 2026

S – Fonction Sensation de Jung

S – Fonction Sensation de Jung

Voici la fonction Sensation (lettre S) décrite par le Psychiatre suisse. Tu comprendras immédiatement son importance pour enrichir le premier descriptif caricatural du Suppliant de Virginia Satir. Rappelons que, dans notre système, chaque fonction possède une perception privilégiée. Et cela ne remet pas en cause la base sensorielle kinesthésique globale de la Sensation.  

fonction sensorielle jungienne

Fonction Sensation de Jung :
Pour le célèbre Psychanalyste suisse, la fonction Sensation n'est autre que la Perception sensorielle dans son ensemble. Phénomène irrationnel (c-à-d, selon le jargon junguien, à ne pas remettre en question...) car dépendant surtout des seuls stimuli objectifs qui existent selon des causes physiques et non mentales. La Sensation révèle que quelque chose existe ; point de vue parmi d'autres... La Sensation transmet le stimuli physique à la Perception ; le Sentiment n'y ajoutera qu'une « tonalité affective » (principe du sensoriel qui rend triste, joyeux...). Ces variations physiques plus le Sentiment sont bien à l'origine de l'Affect. Jung distingue :
- La Sensation concrète ; caractéristique d'un objet et de sa situation où se mêlent Pensée (chiffrage...) et Sentiment de plaisir/déplaisir. La forme primordiale d'une fonction est toujours concrète...
- La Sensation abstraite, différenciée et « esthétique ». Son principe est de ne pas se mêler aux éléments particuliers de l'objet, ni à la Pensée, ni au Sentiment. Sorte de pureté que la Sensation concrète n'atteint pas... Elle révèle sur le champ son contenu principal isolé de tout mélange. Ex : rouge-brillant... Elle n'est jamais dépourvue de volonté et convient plus à l'Artiste (nous verrons ce qu'en pense Pavlov...). Mise en action d'une attitude esthétique sensorielle (nous sommes déjà là dans le terrain de jeu du Tertium...).
La Sensation est la caractéristique essentielle du Primitif et de l'Enfant où elle prédomine toujours la Pensée et le Sentiment mais pas forcément l'Intuition... Perception consciente alors que l'Intuition est plus de l'ordre de la Perception inconsciente. Le couple Sensation/Intuition (P) est comme celui Pensée/Sentiment (J) mais cette dernière paire se développe bien à partir de la Sensation dont l'Intuition est le pendant nécessaire... (rare exemple de Croix fixe des éléments chez Jung...).
Phénomène élémentaire, la Sensation reste une donnée pure non-soumise aux lois de la Raison. Si une Sensation ne correspond pas au degré de son stimuli physique, elle est dite anormale voire pathogène. La sexualisation intense d'une fonction est due à sa fusion avec la Sensation sexuelle.       
Jung complique encore la chose par la distinction Extraversion/Introversion de la Sensation.
- Plus la Sensation d'un individu sera extravertie, plus elle sera séparée des autres fonctions. Ainsi une réalité « tombe sous le sens » ; les fonctions de Jugement (axe rationnel Pensée/Sentiment) gisent en dessous et sont peu différenciées... Pire, l'Intuition, fonction irrationnelle opposée, devient refoulée, négative, mêlée de traits archaïques... La participation introvertie/subjective à la Sensation est bien refoulée. La Perception ne fonctionne alors de façon consciente qu'avec l'aide du Jugement « réel » et ce sont les Objets qui déclenchent la Sensation la plus forte qui l'emportent, voire « s'attachent » sensiblement à l'individu... Le critère de Valeur est donc ici la force de Sensation manifestée en qualité objective ; surtout le critère que « tout le monde » ressent comme concret, partout et par tous les temps (belle définition de notre Extraversion...).   
- Dans l'attitude introvertie, la Sensation n'est pas que perception d'un objet extérieur mais aussi un facteur subjectif du Sujet qui sent, qui ajoute à l'excitation objective sa propre disposition... Mieux, la Sensation se fonde surtout ici sur ce qu'il y a de subjectif dans la perception ; ainsi chacun « voit » différemment... Une disposition inconsciente modifie la perception sensible voire ne tient pas compte de l'action objectale... Perception « différente » qui parfois ne rencontre donc même pas l'objet. La perception génère ici une Impression psychique, une innervation, voire des représentations primitives... Perception subjective « chargée de représentations » qui en disent « plus » à l'individu que la simple image de l'Objet... Et Jung d'extrapoler sur les arrières-plans subjectifs où les « résidus » revêtent ainsi les images – voire les expériences antédiluviennes ou futures – d'impressions plus ou moins sensibles... 
Correspondances :
- Sensation extraverti → N°4 de notre base 12 (Sentiment...) 
- Sensation introverti → N°5 de notre base 12 

Complément d'enquête :
- Rappelons que les « vrais » types Sensation de notre base 12 sont les N° 5, 9 et 12. Fonction majeure plus ou moins refoulée ou brutale selon les situations... 
- Jung nous fait très bien comprendre qu'il s'agit de la fonction la plus « archaïque » très liée à son opposite l'Intuition/N qui est aussi d'abord du domaine de la Perception. L'autre axe-paire Pensée/Sentiment se développe ensuite. 
- Les orientations extra/intro seront remises en question dans notre blog de la base 3, tu peux déjà en trouver les définitions dans de le Système des 4 fonctions. Ce qui est frappant chez Jung, c'est en quoi ses types conservent cette logique fonction + orientation mais correspondent aussi à des descriptifs de la Tradition qui ont des tempéraments/ fonction différents... Par rapport aux 12, les orientations junguiennes ne collent pas puisqu'il ignore la troisième, le Tertium non datur.